Nous remercions Jordane Ossemond pour la rédaction de cet article très travaillé. Bonne lecture à tous.
Quand on entre dans un magasin de pêche, on peut être à la fois émerveillé par les couleurs des leurres proposées mais aussi complètement perdu quant au choix à effectuer. Souvent on se réfère à des couleurs qui fonctionnent « pour les autres », des « valeurs sûres », sans prêter attention aux réelles technologies cachées derrière les acronymes des produits.
Les leurres durs Megabass offrent une grande variété de couleurs, mais comme vous avez pu le lire dans les articles de Matteo Risi ici (partie 1) et là (partie 2), il n’y a pas que la couleur qui varie mais aussi la façon dont les couches de peinture sont appliquées sur le corps lors de la fabrication. C’est ce que Megabass appelle les finitions des matériaux. On peut aussi parler de code pour l’utilisation des acronymes dans les catalogues ou encore sur les packagings. Ainsi on retrouve des finitions de type « GP Pro Blue », « GG Perch » ou « MAT Tiger ». Il est également possible d’avoir la même déclinaison de couleur utilisée sur deux finitions différentes. Alors comment choisir entre un Vision 110 FW « FA Ghost Wakasagi » (à gauche) et un « GG Flashing Wakasagi » (à droite) ? Comment savoir quel choix est le plus pertinent ?

Pour répondre à cette question, il faut apprendre à connaître les particularités des finitions proposées afin de comprendre leurs conditions d’utilisation optimales théoriques. C’est dans cette optique que j’ai entrepris une démarche personnelle de recherche sur les différentes finitions des leurres durs de la marque Megabass, et je souhaite aujourd’hui partager avec vous les résultats de mon enquête.
Remarque : Dans la gamme de leurres durs de chez Megabass, le Vision 110 est le leurre qui possède le panel de finitions et de coloris le plus large. Ainsi, la plupart des informations que j’ai pu recueillir avaient comment modèle ce célèbre jerkbait minnow. C’est donc par choix personnel que j’ai décidé de me fier aux résultats bruts de mon enquête et que je vais vous parler des informations recueillies sur le Vision. Les finitions étant les même pour tous les leurres Megabass, je pense qu’il est possible d’extrapoler ces résultats à l’ensemble de leur gamme.
Au fil de la journée, la lumière n’entre pas de la même manière dans votre spot préféré. La nuit, il y a peu, voire pas de lumière, l’environnement sous l’eau est donc très sombre. Puis vient l’aube, juste avant le lever de Soleil, l’environnement reste encore sombre. Lorsque le soleil se lève, la lumière commence à transpercer l’eau. Le matin, avec un soleil bas, la lumière entre dans l’eau, mais de façon inégale, les ombres des arbres projetées à la surface créent des zones plus sombres. Plus le soleil monte, plus la lumière pénètre efficacement dans l’eau. Le phénomène s’inverse ensuite au cours de l’après-midi, jusqu’au crépuscule, puis à la nuit.

Ainsi, le cycle du soleil influence directement la quantité de lumière qui pénètre dans l’eau, mais aussi l’environnement immédiat (les arbres et les ombres projetées).
D’autres facteurs influencent cette luminosité, notamment la météo et la turbidité. Lorsqu’un nuage passe devant le soleil, la luminosité ambiante diminue, et donc celle sous l’eau également. Quand le vent se lève, la surface de l’eau se ride et s’ondule : de nombreux reflets et perturbations apparaissent, ce qui trouble le milieu. Lorsqu’il pleut et que le ciel est complètement couvert, l’environnement devient très sombre, y compris sous l’eau.
Enfin, plus l’eau est claire, plus la lumière peut pénétrer en profondeur. A l’inverse, plus l’eau est turbide, moins la lumière pénètre, car elle rencontre de nombreuses particules en suspension qui l’atténuent, voire la diffusent en créant des reflets.
On peut ainsi simplifier tous ces éléments en regroupant trois grands types de conditions de luminosité dans l’eau : faible, moyenne et forte :


Breaking the codes
Comme je vous l’ai présenté dans l’introduction, les leurres durs Megabass possèdent plusieurs types de finitions, chacune ayant des particularités directement liées à leur fabrication. Voici les sept finitions principales dont je parlerai dans cet article, les autres étant souvent des variantes de celles-ci : GP, HT, GG, MG, M, PM, MAT. Chaque finition possède des conditions d’utilisation optimales théoriques et, pour simplifier, on peut regrouper ces sept finitions en trois grandes catégories : les finitions transparentes, les métalliques et les mates.
Il est également important de se rappeler que les prédateurs n’attaquent pas uniquement pour s’alimenter, mais ils attaquent aussi par agressivité et / ou opportunisme. La plupart du temps, nous cherchons à déclencher des attaques de réaction chez le poisson en jouant sur cette agressivité. Les finitions des leurres durs nous permettent ainsi, au-delà de la simple couleur du leurre, de jouer sur différents paramètres supplémentaires afin de provoquer une attaque.
- Les deux premières peuvent être regroupées dans la catégorie des finitions transparentes. Avec elles, on joue sur un effet naturel et discret, la lumière pouvant traverser le leurre. Ce type de finition est à utiliser principalement quand l’eau est très claire avec un temps ensoleillé et calme.
- Les finitions GP sont totalement transparentes et permettent à la lumière de traverser le leurre. La réflexion lumineuse prend souvent naissance à l’intérieur du leurre et reste donc assez subtile. L’idée est que le leurre est quasi invisible, puis émet un léger flash, redevient invisible, puis produit à nouveau un léger flash.
- Les finitions HT utilisent un mélange de transparence et d’opacité, avec un revêtement plutôt métallique. Les reflets sont donc plus présents, mais grâce à la transparence, le leurre reste discret. Ce type de finition est assez polyvalente en eau claire quand la luminosité baisse ou devient variable (ombres projetées), ou encore lorsqu’une légère brise ride la surface.

- Les trois finitions suivantes appartiennent à la catégorie des finitions métalliques, en raison de leur opacité (la lumière ne traverse pas le leurre) et des reflets qu’elles génèrent. D’une manière générale, ces finitions permettent de jouer sur la lumière émise par les reflets, et constituent des atouts majeurs lorsque le vent est présent, que la luminosité varie à cause des nuages, ou encore en eau trouble.
- Les finitions GG sont généralement opaques à légèrement transparents et recouvertes de guanine, imitant les reflets d’une véritable écaille de poisson. Les flashs émis sont donc réalistes en termes d’intensité, ce qui rend cette finition la plus polyvalente du groupe. Enfin, un leurre GG de coloris sombre n’est pas à négliger la nuit, ainsi qu’à l’aube et au crépuscule, pour jouer sur l’effet de silhouette du leurre.
- Les finitions M sont opaques et recouvertes de films à effet miroir métallique. Les reflets émis sont alors les plus intenses de toute la gamme. Ce type de finition est ultra visible mais pas du tout naturelle, et agit davantage sur l’agressivité des prédateurs.
- Les finitions MG sont un mélange d’effet miroir et de transparence. Les reflets restent donc importants, le leurre est très visible mais légèrement moins que les finitions M.

- Enfin, les deux dernières finitions appartiennent à la catégorie des finitions mates, en raison de leur opacité et de leur capacité à capter la lumière plutôt qu’à la renvoyer. Ces finitions sont efficaces lorsque le temps se dégrade, avec un ciel sombre, voir orageux (s’il y a des éclairs rangez les cannes !), ou alors quand l’eau est sale. Dans ces conditions les poissons se nourrissent souvent en se basant sur les contrastes, la lumière émise par les proies étant fortement réduite.
- Les finitions MAT sont généralement opaques et n’émettent aucun reflet. Ici tout repose sur le contraste des couleurs et la silhouette du leurre dans l’eau. Ce sont aussi d’excellents choix la nuit, ainsi qu’à l’aube et au crépuscule, pour jouer sur cet effet de silhouette. Enfin, il existe l’exception de certains coloris qui sont efficaces même en eau claire, la couleur très flashy d’un MAT Tiger combinée à un matériau opaque propose une silhouette sans égale pour déclencher une attaque d’agressivité.
- Les finitions PM sont également opaques et recouvertes d’une peinture nacrée. Celle-ci produit des reflets très diffus, davantage proches d’une brillance générale que d’un véritable reflet. La silhouette reste donc très marquée. Cette finition est aussi intéressante au lever et au coucher de soleil, lorsque le ciel présente de nombreuses variations de couleurs.
Voici un tableau récapitulatif pour résumer les différences entre ces sept finitions.

J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair parmi tous les choix de finitions possibles, les principales différences notables qu’elles comportent, ainsi que leurs conditions d’utilisation optimales. Nous verrons dans le chapitre 4 comment choisir ces finitions en fonction de l’environnement où vous pêchez.
Amicalement, Jordane.

