Merci à Sietze Hendriks, notre commercial pour le Benelux et le Royaume-Uni, pour la rédaction de cet article approfondi
Un nouveau nom a fait son entrée dans le catalogue, fruit de la collaboration de longue date entre Tenryu et Ultimate Fishing : NAMIJA
Il s’agir d’une toute nouvelle gamme qui se compose de 4 modèles, allant de 2m70 (9’) au très impressionnant 3m25 (10’8”). Pour tous les lecteurs français, ces longueurs peuvent sembler un peu grandes par rapport à ce dont vous avez l’habitude, mais en regardant de l’autre côté de la frontière vers le Benelux, le Royaume-Uni et l’Irlande, on constate rapidement que ces longueurs sont de loin les plus utilisées pour le bar depuis le bord. En élargissant encore le regard jusqu’au pays du Soleil Levant, on remarque que ces longueurs sont plus la règle que l’exception. Ce que tous ces pays ont en commun, c’est que la majorité de la pêche au bar se fait sur la côte ouverte ou dans de grands ports industriels comme Tokyo ou Rotterdam, où les cannes plus longues offrent plus de distance de lancer, un meilleur contrôle de la ligne à cette distance et plus de levier pour combattre en toute sécurité de gros poissons autour des obstacles.

Avec la popularité de ces longueurs au Japon, on pourrait se demander pourquoi ne pas simplement choisir l’un des nombreux modèles disponibles là-bas, y compris ceux de Tenryu comme les S.W.A.T., qui offrent des longueurs et spécifications très similaires aux Namija. Cependant, si la comparaison peut se faire sur la longueur, ce n’est pas le cas pour le style de pêche japonais et donc pour l’action des cannes.
Une grande partie du matériel japonais dédié au bar est aujourd’hui disponible dans nos boîtes « européennes », mais les approches diffèrent sensiblement, notamment en raison de l’espèce ciblée et des techniques employées. Au Japon, la pêche du bar (Lateolabrax japonicus) repose très majoritairement sur l’usage de leurres durs, avec une forte prédominance des modèles dit « shallow diving » (leurres durs qui nages à faibles profondeurs) à l’image des emblématiques Megabass Kagelou ou du Feed Shallow de chez Tackle House. Pour approfondir le sujet, la chaîne japonaise FimoTV constitue une référence : Tsuyoshi Kubota, membre des pro staffs Tenryu et Megabass, y présente les méthodes traditionnelles japonaises de pêche du bar.
La morphologie du bar japonais, combinée à ces techniques de pêche, a également conduit à une approche spécifique : afin de limiter les décrochés avec des hameçons triples, les cannes utilisées sont généralement plus souples que celles privilégiées en Europe. Cette différence s’explique en partie par l’usage important, chez nous, de leurres souples pour le bar européen (Dicentrarchus labrax), notamment en montage dit « weedless » ou « Texas rig », où une mauvaise pénétration de l’hameçon peut compromettre le ferrage. À noter que la grande majorité des leurres souples japonais que l’on retrouve dans nos boîtes ont initialement été conçus pour la pêche du black bass au Japon.

C’est précisément cette différence entre espèces et techniques qui a conduit au développement de la gamme Namija. L’objectif était de conserver des longueurs typiquement japonaises tout en les adaptant aux contraintes de la pêche du bar européen et à nos usages, à l’image des séries Akuru et Injection.
La gamme Namija correspond à des cannes à actions rapides à très rapides, dotées d’une grande sensibilité. Elles sont particulièrement adaptées à l’utilisation de leurres souples en montage Texas rig ou weedless — comme les Dark Sleeper — ainsi qu’aux leurres souples montés sur tête plombée. Elles conservent toutefois un excellent confort d’utilisation avec des leurres de surface, durs ou métalliques, permettant de passer aisément d’un Spindle Worm en montage weedless à un Patchinko, Z-claw ou un Drag Metal pour optimiser chaque session depuis le bord.

Tous les modèles de la gamme reposent sur une conception commune et partagent les mêmes composants. Les quatre références sont construites sur des blanks ultra-sensibles équipés d’anneaux Fuji Titanium. Elles intègrent également un porte-moulinet et une poignée inspirés de certaines éditions limitées de la série Injection, ainsi qu’un emmanchement en textile carbone Nishijin. Cette conception permet d’obtenir des cannes particulièrement légères : par exemple, le modèle le plus long, en 3,25 m, ne pèse que 186g tout en conservant solidité et réactivité. Les deux modèles les plus longs sont équipés d’anneaux Fuji RV (reversed), souvent utilisés en surfcasting pour améliorer les distances de lancer et limiter les risques d’emmêlement et de nœuds de vent.

Namija 9’ – 2,70 m
Puissance 7-35 g. Avec son grand frère, ce sont les deux modèles polyvalents de la gamme pour la majorité des spots européens. Rapide et sensible, mais pas trop pour que la pêche aux leurres durs avec triples reste agréable.
Namija 9’6’’ – 2,96 m
Puissance: 10-40 g. Un peu plus puissante que sa petite sœur, idéale quand on a besoin de plus de puissance, de distance et de contrôle de ligne.
Namija 10’ – 3,05 m
Puissance 15-50 g. À partir de 10’/3,05 m, les cannes deviennent un peu plus spécialisées. Conçues à l’origine pour les canaux à courant rapide et les côtes artificielles des Pays-Bas, où l’une des méthodes les plus efficaces est le drift très long avec des têtes plombées ajustées en fonction de la profondeur et du courant (similaire à la « pêche au toc »). Elles sont également excellentes pour les conditions difficiles en surf avec leurres durs, stickbaits et casting jigs, et peuvent servir de canne shore jigging pour une grande variété d’espèces.
Namija 10’8’’ – 3,25 m
Puissance 20-60 g. Similaire au 10’/3,05 m mais encore plus longue et la plus puissante de la gamme pour contrôler parfaitement le drift « style toc » sur de très longues distances avec Dark Sleeper et autres leurres souples, ou dans les plus gros surf depuis la plage, les falaises, ou pour le shore jigging spécialisé avec des métaux. Avec 186 g, c’est l’une des cannes les plus légères du marché avec ces spécifications.

