Partir pêcher en bivouac à Djibouti, c’est une sacrée expérience et me voilà en route avec 4 jeunes pêcheurs de talents mais inexpérimentés dans ce domaine : Eliott, Romain, Tom, Charlie et Olivier le doyen du groupe. Pas un n’a pris une Carangue Ignobilis, pas un n’a connu une telle immersion dans un monde si différent de tout. Un risque ? Non, quand on a l’esprit ouvert, l’aventure ne peut que bien se passer !


Première journée de pêche. Cela démarre par un réveil tôt et un déjeuner très copieux. Hier soir, nous avons peaufiné les nœuds, les bas de ligne, l’armement des leurres, le réglage des freins. Chaque pêcheur a deux cannes. Pour la team Ultimate, sur mes conseils, c’est la Quattro Grand Traveler 80 en 2,20 m. C’est la canne light, eh oui ! Avec une tresse Xbraid Castman Blue X8 PE 6 en 86 lb. La deuxième canne, c’est la Furrary Travel 130, avec une tresse UF Line PE 8 Red. Du solide que j’ai déjà validé sur d’autres destinations. Ces deux cannes sont de bonnes lanceuses. Divers leurres sont sélectionnés et, sans surprise, ce sont les Roosta Popper Halco 195 qui ouvrent le bal. Puis quelques passages avec le Slidog 125, un stick qui se lance loin et qui nage tout seul. Sur cette première matinée, nous allons croiser deux belles actions, notamment avec un banc de coryphènes que Tom fait suivre avec son Balam ! Nous allons rester une demi-heure à lancer nos leurres avec une récupération rapide. Les coryphènes adorent, et les touches, les sauts, les ratés et les prises se succèdent sans interruption ! Les images sont magnifiques ; nous en gardons une pour le repas du midi.


Au fil des jours, nous aurons de belles séquences où le côté technique fera la différence. Une pêche précise où il faut présenter le bon leurre et l’animer correctement, notamment sur le festival des queen fish ! Tout le monde y aura droit, puisque cela va durer plusieurs jours. C’est une espèce un peu fofolle qui fait des attaques spectaculaires, qui peut suivre en troupeau et attaquer au dernier moment. J’en ai notamment un qui gobe mon popper Maria au ras du bateau et bondit pour se retrouver embarqué et dans les pieds de Tom ! Charlie trouve ensuite une belle solution avec le Flapsturie de chez Xorus, un flappeur qui se lance loin et qui ricoche de vague en vague, et ça marche fort ! Parfois, les trois pêcheurs plient leur canne en même temps, une joyeuse pagaille ! Avec le queen fish, la vitesse de récupération est très importante, et surtout il faut savoir, à l’arrivée au bateau, faire un micro-stop redoutable. Attention à la manipulation avec la présence de dards venimeux sous le ventre et sur le dos.

Sur cette zone de Djibouti, la variété des espèces est également une motivation. Nous ferons 14 espèces différentes, sans compter les « petits » poissons. Les carpes rouges et les mérous ont une place particulière, car ce sont les champions du corail et des mésaventures ! Ce sont des poissons de 5 à 10 kg en moyenne, et on pourrait penser qu’avec du gros matériel, c’est presque trop facile. Oui, mais… Leur technique commune n’est pas de sortir du fil du moulinet, mais de venir gentiment en direction du bateau, prendre de la profondeur et s’enrocher sans grand espoir pour le pêcheur !

En réalité, la technique bourrin est intéressante : ne pas réfléchir à la taille du poisson combattu, il faut tirer fort jusqu’à décoller l’adversaire. Puis c’est un jeu de choix de leurre. Les poissons nageurs entrent dans la sélection avec les fameux BKS, dont le BKS 150 SW qui est vraiment performant puis les sticks coulants et les poppers de moyennes tailles également.

C’est une pêche amusante, mais qui apporte quelques frustrations, notamment lorsqu’une grosse carangue suit, très énervée mais pas trop motivée pour engloutir un leurre trop petit pour son appétit. Et puis il y a les orphies : on les maudit un peu, car elles adorent ce type de leurre et en profitent également pour attaquer et abîmer le nœud de raccord tresse/bas de ligne. Et si vous n’êtes pas attentif, la vraie touche suivante sera sanctionnée par une casse immédiate qui vous laissera incrédule !


Le dernier soir, le scénario est enchanteur, presque idéal. Tom prend une belle GT qui lui procure un plaisir immense. La bagarre est parfaitement menée. La nuit arrive et je veux faire un dernier poste, au ras des rochers. Dans la pénombre installée, Charlie ferre un beau poisson. Il y met un mélange de force et d’excitation ! Dans la nuit, nous mettons au sec la plus belle GT du séjour. Quelle récompense ! Photos et relâche impeccable. Du coup, on termine dans le noir sur un poste assez chaotique au niveau des vagues. Tom rate, il casse aussi. Du coup je lance et je termine ce séjour par une dernière ignobilis. Il y en avait pas mal ce soir-là.

Dernier poisson ? Non ! Le lendemain matin, juste avant de prendre le bateau retour, Eliott et Romain capturent du bord une magnifique GT ! Bravo à tous et merci à l’agence Mémoire d’un Fleuve pour ce programme sans faute.

Un bon point pour la team Ultimate Fishing qui peut être fière d’avoir 2 loustics de ce calibre dans l’équipe. Très bons pêcheurs, ils ne lâchent rien. Excellents compagnons, ils écoutent et font confiances. A refaire !

