Suite et fin de cette série d’articles consacrés aux coloris Megabass. Merci une nouvelle fois à Jordane Ossemond pour la rédaction de cet article très travaillé. Bonne lecture à tous.
Dans le précédent article, nous avons vu que les différentes finitions des leurres durs Megabass possèdent des conditions d’utilisation optimales et nous permettent de jouer avec différents paramètres afin de déclencher une réaction de la part des prédateurs. Apprendre tous ces éléments et les appliquer au bord de l’eau nécessite avant tout d’observer son environnement afin de faire un premier choix de finition pertinent. C’est dans ce sens que j’ai élaboré une stratégie sous forme d’arbre de décision, permettant de sélectionner le premier type de finition à mettre à l’eau.
Remarque : vous le savez comme moi, au final, ce sont les poissons qui décident. Prenez donc ces conseils pour ce qu’ils sont, des repères théoriques pour poser une base de réflexion, et non des vérités absolues. Il arrivera que ces recommandations ne fonctionnent pas, mais nous verrons plus loin comment aborder ce type de situation.

Une fois la finition choisie, il ne vous reste plus qu’à sélectionner le coloris adapté à votre milieu. Vous pêchez en eau claire, plutôt alcaline ? Orientez-vous vers un GP Pro Blue (photo de gauche). À l’inverse, si l’eau est légèrement teintée, un GG Perche (photo du centre) sera un excellent choix ! Et si vous aimez cibler le brochet, n’oubliez pas le MAT Tiger (photo de droite) lors des journées pluvieuses.



Parmi ces sept finitions, je ne peux que vous conseiller, pour commencer à constituer votre boîte de Vision 110 ou autre leurre dur de chez Megabass, d’opter pour un mélange issu des trois grandes catégories, plutôt que pour plusieurs couleurs d’une même finition. Cela vous permettra de faire face à différentes, voire à toutes les situations, avant d’affiner progressivement vos choix.
Pour aller plus loin, on complexifie le système !
Maintenant que les bases sont posées, voyons comment affiner vos choix au bord de l’eau. Ne restez pas bloqués sur vos certitudes et apprenez à ajuster vos décisions en observant votre environnement. N’hésitez pas non plus à faire preuve de créativité et à tester différentes finitions et coloris, surtout lorsque les poissons sont actifs.
Pour rédiger cette section, je me suis largement inspiré du « color bracketing », un système décrit par Brandon Palaniuk, compétiteur américain. Cette approche consiste à démarrer avec une finition et une couleur de confiance, puis affiner progressivement en fonction des conditions, soit en augmentant la discrétion, soit en rendant le leurre plus visible.

Pour vous expliquer cela, je vais m’appuyer sur des exemples de mise en situation, où il sera exclusivement question de changements de finitions et de couleurs, nous ne parlerons ni des animations, ni des spots.
Partons pêcher ensemble en eau claire en début d’après-midi, lors d’une belle journée ensoleillée et sans vent. La logique veut que je démarre avec une finition GP, je choisis donc un coloris naturel de type GP Ghost Wakasagi. Après 5 à 10 minutes de tests, aucune touche ni suivi. Il est temps de changer pour quelque chose d’encore plus transparent. Je garde la finition GP, mais passe sur un Pro Blue. Toujours rien. Je change alors de stratégie : cette fois-ci, je prends l’option inverse avec un HT, plus visible et générant davantage de flashs. Bingo : un brochet.
Maintenant, je vous emmène au bord d’une rivière avec de l’eau légèrement teintée, par un matin venteux. Je choisis donc un coloris GG Perch. Après 5 à 10 minutes, toujours aucune réponse des poissons. Je passe sur un coloris GG plus flashy, sans succès. Je change alors de finition pour passer sur un M, les flashs sont impressionnants vus du bord, et une perche me suit jusqu’à la berge. Après quelques lancers, bingo : une perche attaque mon Vision 110. Imaginons maintenant que le vent diminue en intensité, les touches se raréfient, même après un changement de couleur. Il est alors temps de tester une finition moins visible, comme un MG ou un GG.

Pour complexifier le système, imaginons une journée de pêche avec un beau ciel bleu, une eau claire légèrement teintée de vert et de nombreux arbres en bordure. Comme nous arrivons au levé du soleil, la finition PM prend tout son sens. Quelques touches, nous sommes chanceux, puis plus rien une fois le soleil bien levé. Il est temps de passer sur un HT qui se faufilera entre les ombres des arbres et les zones éclairées. Le soleil continue de monter dans le ciel, mais un orage éclate. On patiente prudemment la fin des éclairs avant de sortir un coloris MAT Tiger, adapté à ces conditions lumineuses très sombres.

Pour finir un petit mot sur le coloris MAT Tiger. Il arrive qu’en eau claire et par temps calme, les brochets l’attaquent. Cela peut sembler illogique au regard de ce que nous avons vu : en théorie, en eau claire, on privilégierait une finition GP transparente. Je n’ai pas d’explication précise, aucun brochet n’a accepté de répondre à mes interviews, secret professionnel m’a-t-on dit. Je suppose que, parfois, un coloris très flashy les agresse beaucoup, et que l’absence de reflets peut devenir un avantage, notamment dans les zones très pêchées où le moindre éclat est perçu comme un danger. Ou peut-être, tout simplement, que les poissons se focalisent davantage sur la silhouette.
Les mots de la fin
J’espère que cet article vous aidera à mieux comprendre comment utiliser les différentes finitions des leurres Megabass, et qu’il vous permettra de constituer des boites de leurres plus réfléchies, adaptées aux milieux que vous pêchez.
N’oubliez pas qu’il n’existe pas de vérité absolue, on ne peut pas tout maitriser. En revanche, on peut observer, analyser et essayer de comprendre les éléments à notre portée. Alors soyez curieux, soyez créatifs, et surtout, prenez du plaisir au bord de l’eau.
Amicalement, Jordane.

